Carole Marquet-Morelle : retour sur le tournage de la série "La Guerre des mondes

Carole Marquet-Morelle, directrice du Musée de l’Ardenne à Charleville-Mézières et chargée de l’accueil des tournages.

Retour sur le tournage du long métrage, War of the world à Charleville-Mézières (08), 2019

“C’était amusant d’imaginer des solutions, de répondre à des problèmes très concrets. Il faut être un facilitateur.”

“J’ai d’abord reçu un mail mi-décembre 2018, un repéreur me contactait pour le compte d’une production internationale qui souhaitait tourner dans la région de Charleville-Mézières en avril. Ils étaient en pré-prod et intéressés par la rue de Picardie… Cela s’annonçait être un gros tournage, j’étais un peu perdue. Alors le Bureau d’accueil des tournages a repris le dossier et nous avons commencé à travailler avec le régisseur, qui fut notre clé d’entrée. La production était assez autonome, elle a poursuivi les repérages seule en janvier, ils se sont intéressés à l’Hôtel de ville pour en faire un hall d’hôtel, puis ils ont élargi à toute la ville et c’est ainsi qu’on en est venu à faire arriver les extraterrestres sur la place Ducale ! Je leur permettais d’accéder aux bâtiments et sollicitais les autorisations de tournage.
En même temps, nous préparions aussi le tournage des Rivières pourpres 2. Là, la production avait des besoins spécifiques. Ils voulaient une crypte, une chambre d’hôpital, ou encore un pupitre en bois. Je leur donnais des pistes pour leurs décors, j’ai fait la tournée des sites avec eux. Le service musées a une très bonne connaissance du territoire et du patrimoine, c’est un atout et la raison pour laquelle nous nous occupons des tournages. Les régisseurs disposent ainsi d’un guichet unique avec un numéro de téléphone dédié pour transmettre leurs demandes : faire taire un carillon, éteindre une lumière, trouver un traiteur, installer la cantine dans la cour des réserves du musée… Nous sommes deux à avoir suivi une journée de formation dispensée par le Bureau d’accueil des tournages. On a travaillé sur les procédures et l’inventaire des décors à proposer.
Dès que les décors ont été identifiés, on a mis en place un groupe de travail avec tous les collègues impactés pour les tournages dans les bâtiments, écoles, terrains de sport : ceux des services périscolaires, équipements sportifs, accueil. Un groupe resserré d’agents volontaires et motivés. Le maillon essentiel à associer le plus tôt possible est la personne en charge des arrêtés de voiries, parce qu’il faut bloquer des rues, connaître le programme des travaux, prévenir les habitants, riverains, usagers… On contribue à faire rayonner la ville, à la rendre attractive en mettant en valeur le territoire et ses ressources. J’ai adoré cette mission, c’était amusant d’imaginer des solutions, de répondre à des problèmes très concrets. Il s’agit d’être un facilitateur. Si on veut que les tournages reviennent, et nous avons été contactés pour d’autres projets, il faut que rien ne soit compliqué. Ce n’est pas parce que nous sommes une collectivité que c’est forcément kafkaïen. On est réactif, créatif et pro mais il est important d’exposer tout de suite les règles : par exemple, le délai pour obtenir un arrêté est de dix jours. De notre côté, nous étions très enthousiastes à l’idée d’accueillir un tournage, on avait envie de le dire à la terre entière alors que c’est très confidentiel ! Avec la prod, il a fallu se mettre d’accord sur un plan de communication assez fin pour éviter les fuites et les boulettes. Il faut savoir ce qu’on peut dire aux habitants, aux élus, aux journalistes qui parfois vous harcèlent. Puis les habitants ont participé au casting de figurants, ils étaient sur le tournage, fiers que leur ville puisse être un décor de film.”

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