Erwan Le Duc : retour sur le long métrage "Perdrix"

Erwan Le Duc, réalisateur.

Retour sur le tournage du long métrage Perdrix à Plombières-les-bains (88), 2019.

“Avant d’être le décor de mon film, il était celui des vacances de mon enfance.”

“Le film a été écrit pour être tourné dans les Vosges. J’avais envie de montrer ces montagnes en particulier, entre Remiremont et Gérardmer, parce que ma mère est Vosgienne. Avant d’être le décor de mon film, c’était celui des vacances de mon enfance. L’ancrage est intime, familial mais aussi esthétique. Je voulais faire de la nature un vrai protagoniste du film, je voulais une nature grandiose. C’est aussi une raison artistique qui m’a ramené dans les Vosges, pour ses forêts, ses montagnes, ses lacs. Avant même que le financement soit bouclé et que la Région soutienne le scénario, j’ai fait des repérages seul là-bas, j’ai arpenté le coin, j’avais besoin de préciser les décors. En tournant dans cette zone, j’ai découvert par hasard la petite ville dont j’avais besoin pour installer l’histoire : Plombières-les-bains. Elle m’a tout de suite plu, elle me semblait idéale, avec son histoire et son architecture particulière, ses thermes, ses immeubles presque haussmanniens au fond de la vallée. Rapidement, j’ai pris contact avec le bureau des tournages, nous avons été mis en relation avec la commune. Ils étaient surpris, c’était une première pour eux, d’autant que nous leur avons demandé des choses pas toujours simples, voire cocasses ! Comme de faire se balader des nudistes dans la rue, ou de faire circuler des faux militaires dans un tank de la seconde guerre mondiale. Et le maire a eu cette réponse formidable : “si c’est dans le scénario, c’est d’accord”. C’était génial, c’est presque le maire de Plombières-les-bains qui a le plus respecté le scénario. Nous sommes restés six semaines et c’était une expérience formidable. Un an après, on a projeté le film au petit cinéma associatif de Plombières-les-Bains qui a rouvert au moment du tournage et dont je suis devenu le parrain. Il y avait 350 personnes à la projection. Un lien assez fort s’est créé là-bas. Le bureau d'accueil des tournages nous a permis de trouver les décors près d’Epinal, à Golbey et environs. Les gens du coin nous ont orientés vers une zone industrielle où nous pouvions transformer un bâtiment pour en faire une gendarmerie. Ils ont déjà des endroits identifiés, qui sont visuellement intéressants et qu’on peut investir totalement. C’est précieux, on gagne beaucoup de temps. On a fait appel à des techniciens locaux pour constituer l’équipe, et des comédiens de la région ont été castés sur place. C’était important pour moi, cela amène un phrasé différent, une diversité, une singularité. Et j’ai trouvé des gens super.”

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