Stéphan Guillemet : retour sur le tournage de la saison 2 de la série "Zone blanche"

Stéphan Guillemet, régisseur général, membre de l’Association française des régisseurs (AFR)

Retour sur le tournage de la saison 2 de la série Zone Blanche à Gérardmer (88), 2019.

“Avec le temps, collectivités et productions ont appris à se comprendre.”

“Un régisseur de cinéma ou télé est à la fois un logisticien et un facilitateur. Les aspects financiers et administratifs nous incombent dans les négociations avec les lieux où nous tournons. Nous cherchons aussi des fournisseurs, des professionnels et des locaux pour les moyens techniques et logistiques. Les relations qu’on noue avec les villes et les entreprises à proximité sont primordiales. Même si, malheureusement, on ne trouve pas tout dans une région, nous donnons la priorité au local, question d’efficacité et de bon sens.
Pour Zone Blanche, le plus gros du travail de préparation avait été fait par mes prédécesseurs lors de la saison 1. Il nous fallait trouver un local pour que l’équipe déco puisse travailler, mais aussi des bureaux pour la production et l’équipe mise en scène, un stockage de meubles… La règle dans le métier veut qu’il y ait au moins un jour de préparation en amont pour un jour de tournage.
À Gérardmer, nous étions attendus et encore mieux accueillis que l’année précédente. Le territoire avait compris les retombées, à la fois économiques et en termes d’image, qu’il pouvait tirer du tournage. La série a su mettre en valeur la région. Cela faisait plaisir aux habitants, ils étaient fiers et toujours intéressés, curieux, plein d’envies. Certains ont fait de la figuration. Et vu le succès de la saison 1, une association des anciens figurants a même vu le jour.

L’Office national des forêts comme la Direction des routes étaient réactifs. Pour le reste, tout était cadré et anticipé par la ville de Gérardmer où nous avions installé le camp de base pour loger l’équipe durant les 45 jours de tournage, profitant de sa situation géographique centrale et de sa grande capacité hôtelière. Lors d’une session de double plateau, qui nécessite la présence simultanée de deux réalisateurs et deux équipes, 150 personnes étaient présentes. Mis à part quelques branchements quand c’était possible, nous étions autonomes en énergie afin de pouvoir tourner en pleine forêt.
La directrice générale des services de la commune a été notre interlocutrice unique. Très à l’écoute, elle transmettait nos demandes au service concerné. Pouvoir compter sur un référent au sein d’une équipe municipale, qui connaît bien le fonctionnement de la collectivité et ne perd pas de temps à chercher la réponse, c’est un gage d’efficacité pour tous.
Dans les petites communes, les prises de décisions sont rapides, on peut être en contact direct avec les élus, qui téléphonent, se déplacent sur le terrain. On se sent accompagnés, véritablement soutenus. Avec le temps, collectivités et productions ont appris à se comprendre. Les communes ne s’étonnent plus de nos demandes un peu farfelues, fantaisistes, ni des délais parfois courts qui les assortissent !”

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